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TL;DR : j'ai quitté WordPress il y a 5 ans pour le NoCode. Cinq ans plus tard, mon site Dorik était devenu un empilement de 66 URLs et de 6 offres que plus personne ne comprenait. Je l'ai entièrement refait avec Claude Code : 3 jours pour clarifier mes offres, moins de 2 jours pour reconstruire le site, un go-live en une journée. Le travail qu'une équipe de 5 personnes faisait dans mon agence, une IA le fait aujourd'hui avec moi comme seul interlocuteur. Voici la méthode, les choix, les bugs, et la seule question que je ne sais pas encore trancher.
Ouvre ton site. Tu peux faire l'impasse sur la home, tu la connais par cœur. Ouvre ton sitemap, celui que Google lit, et compte les URLs.
Je viens de le faire sur le mien, en juillet. Je pensais avoir une dizaine de pages. J'en avais 66.
66 pages accumulées en 5 ans : des offres que je ne vends plus, des formations d'un autre cycle, un programme pour freelances de plus de 45 ans, des articles SEO d'avant le blog, une landing de sponsoring sur un sous-domaine. Et une home qui essayait de tout dire à tout le monde.
Bref, plus personne ne savait à qui mon site s'adressait, moi en premier.
La bonne (ou la mauvaise) nouvelle, c'est que ce problème ne se règle pas avec un nouveau thème.
Pourquoi j'ai quitté WordPress, et pourquoi le NoCode n'a pas suffi
Retour en arrière. Pendant des années, mon site tournait sous WordPress. Tu connais la suite : un thème premium, une vingtaine de plugins, des mises à jour qui cassent des choses, un temps de chargement qui se dégrade, et ce sentiment d'entretenir un backoffice plutôt que de faire du marketing.
Il y a 5 ans, j'ai tout basculé sur Dorik, un constructeur NoCode. Et honnêtement, c'était une bonne décision. Simple, rapide, propre : je publiais une page en une heure, sans me poser de question technique.

Le problème, c'est justement que je ne me posais aucune question.
Un outil NoCode t'aide à publier, il ne t'aide jamais à supprimer. Chaque nouvelle offre, chaque test, chaque idée du moment devenait une page. Au bout de 5 ans, mon site ressemblait à un « foutoir » : tout y était, rien n'y était rangé.
Et un « foutoir », ça se voit de l'extérieur. Ma home affichait 6 offres pour 3 cibles différentes. Le site tutoyait, mes fiches d'offres vouvoyaient. Google, lui, voyait 66 pages dont plus de la moitié n'avait plus de raison d'exister.
Le diagnostic est simple à poser : un site se dégrade par accumulation et non pas par obsolescence technique. Changer d'outil ne règle pas l'accumulation.
À ton tour → exporte ton sitemap (tonsite.com/sitemap.xml), compte les URLs, puis liste ce que ta home promet en une colonne et à qui en face. Si tu dépasses 3 cibles ou 4 offres, ton premier problème n'est pas le site mais l'offre et/ou le positionnement.
La décision : tout refaire avec l'IA en commençant par les offres
J'aurais pu refaire le design sur Dorik. J'ai choisi une refonte intégrale avec Claude Code, pour une raison pragmatique : mon blog tourne déjà sur Ghost, sur un sous-domaine, et il n'était pas question d'y toucher. Il me restait une dizaine de pages de présentation à reconstruire. Un périmètre parfait pour une IA. Et puis, le challenge m'amusait. Au pire, si le résultat n'était pas satisfaisant, je ne publierais rien. Aucun risque si ce n'est celui de consommer des tokens et du temps pour rien.
Mais avant d'écrire une ligne de HTML, j'ai pris une décision qui a tout changé : 3 jours sur les offres, avant de passer à la réalisation du site. Parce que le vrai chantier n'était pas technique. Avec l'IA, construire 10 pages propres prend un après-midi. Savoir quoi mettre dedans, à qui le dire et à quel prix, c'est ça qui prend du temps. Si tu inverses l'ordre, tu obtiens un site brouillon plus vite.
Et puis, il y a une chose que je mesure seulement maintenant. Quand je dirigeais mon agence, réaliser un site pour un client mobilisait au minimum 5 personnes : un chef de projet, un designer, un responsable du contenu, un développeur back-end et un développeur front-end. 5 compétences, 5 agendas, des semaines de coordination.
Sur cette refonte, ces 5 rôles ont été tenus par Claude. Le chef de projet qui relit les décisions, le designer qui propose 3 palettes, le rédacteur qui tient le ton, le développeur qui écrit et déploie. Moi, j'ai repris le seul rôle que l'IA ne peut pas jouer : le client exigeant qui sait ce qu'il veut.
À ton tour → bloque la phase construction tant que tu ne peux pas écrire, en une phrase, à qui tu vends quoi, à quel prix, et ce qui se passe après l'achat.
Clarifier ses offres avec l'IA comme sparring-partner
3 jours, donc, passés à ne pas construire le site. Concrètement, voici comment ces 3 jours se sont déroulés.
Une offre à la fois, et l'IA pose les questions
La tentation, quand tu ouvres Claude avec tes 6 offres en vrac, c'est de tout lui coller et de lui demander de tout réorganiser. Tu obtiens en 30 secondes un document propre, bien structuré, et flatteur : l'IA te rend tes propres idées, mieux présentées. Mais en réalité, rien n'a été tranché.
Avant même de parler d'offres, j'ai commencé par remonter d'un niveau. L'IA me « connaît », mais je voulais être certain qu'elle ait toutes les informations nécessaires et à jour pour travailler efficacement. La première session n'a donc porté que sur moi, avec 6 questions auxquelles j'ai répondu sans filtre :
→ Qui suis-je, et surtout quel est mon parcours professionnel ? → Qui sont mes clients actuels, concrètement ? → Qu'est-ce que je fais bien, et qu'est-ce que j'aime faire ? → Sur quelles missions ai-je le plus d'avis clients positifs ? → Qu'est-ce que je ne veux plus faire ? → Où est-ce que je veux aller maintenant ?
Ces réponses sont devenues les premières lignes du fichier de contexte (j'y reviens juste après). C'est ce qui permet à l'IA d'avoir une vue d'ensemble, de savoir ce qu'il y a dans ma tête, plutôt que de juger chaque offre isolément. Sans ça, elle aurait trouvé mon programme pour freelances de plus de 45 ans très bien construit. Avec ça, elle a vu tout de suite qu'il n'avait rien à voir avec l'endroit où je veux désormais aller.
Ensuite seulement, j'ai travaillé offre par offre, pour chacune, le même déroulé :
- L'IA m'interroge avant d'écrire. 4 à 5 questions ciblées, toujours les mêmes en filigrane : à qui s'adresse cette offre, quel problème elle règle, ce que le client reçoit concrètement, à quel prix, et ce qui se passe pour lui après. Je réponds à l'oral ou en 3 lignes, sans soigner la forme.
- Elle rédige une fiche complète sur un gabarit fixe : promesse, pour qui, livrables, format, prix, preuve, pont vers l'offre suivante, appel à l'action. Le gabarit est le même pour les 4 offres, ce qui rend les incohérences visibles d'une fiche à l'autre.
- Elle me contredit, et elle me note. La consigne « Challenge-moi, ne me suis pas » aide, mais la meilleure astuce que j'ai trouvée est plus simple : je lui demande de noter chaque idée de 1 à 10. Une IA à qui tu demandes son avis a tendance à aller dans ton sens. Une IA à qui tu demandes une note devient froide : un 6/10, c'est un 6/10, c'est factuel, et elle doit justifier chaque point manquant. La discussion change alors de nature. On ne débat plus de « est-ce que c'est bien ? » mais de « comment passer de 6 à 9 ? ». C'est comme ça que ma cinquième offre de formation sur la home a pris un 4 : elle recréait exactement la dispersion que je voulais corriger. La formation a fini dans le footer.
- On tranche, on note, on passe à la suivante. Une décision par échange. Jamais deux offres en parallèle.
4 offres, une vingtaine d'échanges, 3 jours. Ce rythme paraît lent comparé à la demande de tout réorganiser d'un coup. C'est pourtant le seul qui produit des décisions plutôt qu'un document.
Le journal de décisions
Deuxième outil, le plus important du projet : un fichier texte nommé CLAUDE.md, à la racine du dossier. Claude le relit automatiquement au début de chaque session.
Au départ, il faisait 20 lignes : qui je suis, ce que je vends, à qui. À la fin, il pesait 82 Ko et contenait 22 décisions de positionnement, chacune datée, avec la raison du choix et les alternatives écartées.
Pourquoi c'est décisif ? Parce qu'une refonte prend plusieurs sessions, parfois à plusieurs jours d'intervalle. Sans mémoire écrite, chaque session repart de zéro et tu re-tranches les mêmes questions. Avec ce fichier, l'IA arrive en sachant que le Club se vend 49 €/mois, que la formation reste hors catalogue et que la home ne porte qu'un seul bouton de vente. Elle ne te le redemande jamais.
Et ce fichier ne sert pas qu'à la refonte. C'est lui qui me permet, dans 15 jours, 3 mois ou 6 mois, de rouvrir Claude Code et de dire « ajoute une page pour cette nouvelle offre » ou « change le prix du Club » sans rien réexpliquer : l'IA retrouve le positionnement, la charte, les décisions prises et leurs raisons. Le site reste cohérent avec lui-même à chaque mise à jour, quel que soit le temps écoulé.
Si tu ne retiens qu'une chose de cet article : tiens un journal de décisions, et fais-le lire à ton IA.
Le résultat : de 6 offres à une échelle de 3
3 jours plus tard, la dispersion avait disparu :
- Une seule marque, Captain Marketing, avec l'IA en signature plutôt qu'en titre. Je ne vends pas « de l'IA », je vends des leads, l'IA est la façon de les obtenir.
- Une seule cible prioritaire : les petites structures, TPE et PME. Les grands comptes restent des références, mais ils ne sont plus ma cible aujourd'hui.
- Trois offres en échelle :
- → Le Cap, une stratégie de contenu livrée en 4 semaines à 2 000 € HT
- → Le Studio installé, la machine de production montée chez le client, à partir de 4 500 €
- → Le Club, 49 €/mois pour rester à jour quand l'IA bouge
- Les prix affichés. Une offre packagée assume son prix. « Sur devis » contredisait tout le discours.
- La formation hors catalogue, accessible par le footer uniquement, pour ne pas recréer une cinquième entrée sur la home.
À ton tour → voici le prompt qui résume ces 3 jours. Colle-le dans Claude avec tes pages d'offres actuelles.
Avant de parler de mes offres, interroge-moi sur moi : mon parcours, mes clients actuels, ce que je fais bien et ce que j'aime faire, les missions où j'ai le plus d'avis positifs, ce que je ne veux plus faire, et où je veux aller maintenant.
Attends mes réponses.
Ensuite, voici mes offres actuelles : [colle tes pages ou ta plaquette].
Travaille avec moi une offre à la fois. Pour chacune, pose-moi 5 questions :
à qui je vends, quel problème je règle, quel livrable concret le client reçoit, à quel prix, et ce qui se passe pour lui après l'achat.
Note chaque offre de 1 à 10 par rapport à ce que tu sais de moi et de mon
objectif, justifie chaque point manquant, et dis-moi ce qu'il faudrait changer pour passer à 9. Signale les offres qui se cannibalisent ou diluent mon positionnement, et propose une échelle de 3 offres maximum.
Ne me suis pas : contredis-moi quand je me trompe.(Si tu préfères faire ce travail accompagné, c'est exactement ce que je livre dans Le Cap.)
Deux prompts pour cadrer avant de construire
Depuis cette refonte, j'ai transformé ce travail de cadrage en deux prompts que j'utilise sur mes propres pages et sur celles de mes clients. Voici ce que fait chacun.
Le premier audite ton site entier et répond à une seule question : ton problème est-il un problème de site, ou un problème d'offre ? Il lit ton sitemap et compte tes URLs, les classe par famille, relève le verbatim de ta page d'accueil, applique un test des 5 secondes sur tes 150 premiers mots, compte tes cibles et tes offres distinctes, vérifie la cohérence de ton entre tes pages, compte les actions de conversion concurrentes, et repère les pages qui n'ont plus de raison d'exister. Il rend un verdict tranché et un seul chantier prioritaire.
Je l'ai passé sur mon propre site. Il m'a trouvé deux formulaires de capture email concurrents sur ma page d'accueil, exactement le motif que j'avais supprimé six semaines plus tôt.
Le second prend une seule page, ta page d'accueil ou une page d'offre, et dit si un acheteur peut décider en la lisant. Il relève tes 5 éléments de décision (à qui, quel problème, quel livrable, quel prix, quelle suite) et marque chacun comme clair, vague ou absent. Puis il applique le test du concurrent : il remplace ton nom de marque par celui d'un concurrent plausible dans ta promesse principale et te montre la phrase obtenue. Si elle reste vraie, ta promesse ne positionne rien.
Sa règle la plus importante est une interdiction : il n'a pas le droit de réécrire ton texte. Un prompt qui te rend une jolie reformulation te laisse avec le même positionnement, en mieux écrit. Celui-ci te dit ce qui manque, te pose 4 questions dont la réponse change ton offre, puis il s'arrête.
Les 2 prompts en entier, plus la méthode complète et deux checklists (avant publication, et après publication avant de faire pointer ton nom de domaine) sont dans un guide que tu peux télécharger ici.
👉 Télécharger le guide et les 2 prompts
La refonte : les choix techniques expliqués à un non-développeur
Les offres tranchées, le site s'est construit en moins de 2 jours. Avant les 4 choix qui comptent, un point que tout le monde me demande : qu'est-ce que j'ai tapé, exactement, dans Claude Code à la première session ?
Le premier prompt
Claude Code s'ouvre sur un dossier vide et un curseur. Pas de formulaire, pas de gabarit de site. Tout part de ce que tu écris. Mon premier message ressemblait à ça :
Tu m'aides à refondre le site captainmarketing.io. Lis d'abord CLAUDE.md : il contient qui je suis, mes offres tranchées et toutes les décisions prises.
Le blog reste sur Ghost (blog.captainmarketing.io), on n'y touche pas.
On construit un site statique (HTML/CSS, sans framework), hébergé sur Netlify.
Méthode : une page à la fois, en commençant par la home. Avant de coder,
pose-moi 4 à 5 questions sur ce que la page doit faire. Propose-moi 3
variantes de palette sur maquette, je choisis sur écran. Conserve mes règles
de style : pas de tiret cadratin, des phrases courtes.
Challenge-moi, ne me suis pas.Trois choses à retenir de ce prompt. Il commence par faire lire le contexte (le fichier CLAUDE.md des 3 jours précédents) : l'IA sait qui je suis avant d'écrire une ligne. Il fixe le périmètre et la stack en 2 phrases, pour éviter qu'elle parte sur un framework que je ne saurais pas maintenir. Et il impose le même rythme qu'avec les offres : une page à la fois, des questions avant le code, un choix sur pièce.
Une précision qu'on me demande souvent : tout le chantier a été fait avec Claude Fable 5, en effort élevé. Sur ce type de travail, un modèle qui réfléchit plus longtemps sort un premier jet nettement plus proche de la cible. Le gain ne se voit pas sur une page isolée, il se voit sur le nombre d'allers-retours évités quand tu en enchaînes dix.
Voici maintenant les 4 choix qui comptent.
Choix n°1 : un site statique plutôt qu'un CMS
Mes pages de présentation changent rarement : 9 au lancement, 17 fichiers aujourd'hui avec les landings, les pages de remerciement et les mentions légales, dont 11 pages publiques référencées dans mon sitemap. Elles n'ont besoin ni de base de données, ni de plugins, ni d'espace d'administration. Claude a donc généré des fichiers HTML et CSS, point. C'est ce qu'on appelle un site statique.
Avantages concrets : rien à mettre à jour, rien à pirater, un temps de chargement minimal. Hébergement sur Netlify, qui sert les fichiers depuis un réseau mondial de serveurs (un CDN : le visiteur charge la page depuis le serveur le plus proche de lui), avec HTTPS automatique, sur le plan gratuit (300 crédits par mois, je n'en ai consommé que la moitié le mois du go-live, bien moins depuis).
Le blog, lui, reste sur Ghost, sur son sous-domaine. On ne touche pas à ce qui marche.
Choix n°2 : le compromis assumé
Plus d'éditeur visuel. Pour modifier quelque chose sur le site web, je n'ouvre plus un WYSIWYG, j'ouvre Claude Code et je lui dis quoi changer. Au départ, ça m'a fait hésiter. Un mois plus tard, c'est devenu plus rapide que Dorik : « remplace le lien de prise de rendez-vous sur toutes les pages » prend 30 secondes, là où je devais modifier 10 pages à la main.
Choix n°3 : le design sur pièce
Pas de rebranding. Je voulais un rafraîchissement : mon bleu commençait à dater. Claude m'a maquetté 3 palettes, j'ai choisi sur écran. Résultat : un bleu nuit affirmé, un accent doré unique, et une typographie choisie sur une maquette comparative de 4 polices.
Tout ça est consigné dans un deuxième fichier, un design system de quelques pages, que l'IA relit avant de créer une nouvelle page. C'est ce qui garantit que la landing créée en août ressemble à la home créée en juillet.
Choix n°4 : une home mono-CTA
Fini les 6 offres côte à côte. La home ne propose qu'une action de vente, réserver un appel de cadrage pour Le Cap, et qu'une capture email, ma newsletter SYSTEMIA. J'avais ajouté un lead magnet « diagnostic » en cours de route. Je l'ai retiré 2 jours plus tard : il proposait un second formulaire email à côté de celui de la newsletter, et les visiteurs se répartissaient entre les deux au lieu de rejoindre SYSTEMIA.
À ton tour → un arbre de décision en 3 questions. Moins de 15 pages qui changent rarement ? Site statique. Un blog actif ? Garde ton CMS de blog à côté. Une boutique, un espace membre, une équipe qui édite tous les jours ? Cet article n'est pas pour toi, reste sur un CMS.
Fabriquer ton design system, si tu n'en as pas
Le mien existait à la fin de la phase design. Mais si tu pars de zéro, c'est le premier fichier à écrire, avant même la première page.
Un design system, c'est un seul fichier qui décrit ta charte et ses règles d'usage : couleurs en hexadécimal avec leur rôle, polices et graisses, échelle de titres, espacements, rayons, règles de boutons. Ton IA le relit au début de chaque session.
Deux façons de l'obtenir.
Si tu as déjà une identité (un site actuel, un logo, une plaquette), demande à l'IA de l'extraire depuis l'existant. Tu récupères un fichier que tu relis et corriges. C'est du travail de relecture, pas de création.
Si tu pars d'une feuille blanche, va chercher de l'inspiration avant de prompter quoi que ce soit. Trois galeries qui font le travail : One Page Love pour les sites d'une seule page, Godly pour le design contemporain, SaaS Landing Page pour les pages d'offre. Choisis 3 références, explique à l'IA ce qui te plaît dans chacune, et fais-lui fabriquer ton design system.
Un détail qui vaut pour tout le monde : écris les règles que l'IA ne peut pas deviner. Le mien impose que mon or n'est lisible que sur fond sombre, donc que sur fond clair elle doit basculer sur une version plus profonde. Sans cette ligne écrite noir sur blanc, elle produisait des liens dorés illisibles une page sur deux.
À ton tour → avant de lancer la production, écris ou fais extraire ton design system, et dépose-le dans ton projet à côté de ton journal de décisions. Ce sont les deux fichiers que l'IA doit relire à chaque fois.
Le SEO d'une refonte : ne pas casser ce qui existe
C'est la partie qui fait peur, à raison. Une refonte mal gérée peut effacer des années de référencement. Voici comment je l'ai traitée.
- L'inventaire. Mes 66 URLs, classées en 3 familles : le cœur du site (qui aura un équivalent direct), les anciennes offres (à rediriger vers les nouvelles), les anciens contenus SEO (à trier).
- La décision par la donnée, pas à l'intuition. Pour chaque URL, deux chiffres : le trafic organique des 12 derniers mois et le nombre de backlinks (un audit SEO que Claude Code sait faire). Découverte rassurante : l'apex n'avait quasiment plus de trafic, tout mon SEO vivait déjà sur le blog. Découverte critique : une seule ancienne page, un article sur la délivrabilité email, portait 663 backlinks. Celle-là, impossible de la laisser mourir.
- La table de redirections. 46 redirections 301 vers les nouvelles pages ou leurs équivalents sur le blog, 20 pages supprimées volontairement en 410 (parce que le programme freelances +45 ans n'a plus rien à faire dans mon positionnement). Sur Netlify, tout tient dans un fichier texte de 66 lignes nommé
_redirects. - Le go-live séquencé. J'ai d'abord déployé le site sur une adresse temporaire pour tout vérifier. J'ai ensuite attaché le domaine, puis basculé le DNS chez mon registrar sans toucher au sous-domaine du blog ni aux enregistrements mail. J'ai attendu le certificat HTTPS, testé les 66 redirections une par une, et seulement ensuite soumis le nouveau sitemap à Search Console.
Un piège que j'ai évité de justesse : ma landing de sponsoring vivait sur un sous-domaine à part. Si j'avais supprimé l'ancien projet avant de poser la redirection, l'URL serait morte et ses backlinks avec.
À ton tour → la checklist en 6 points : sitemap exporté → trafic par URL (Search Console) → backlinks par URL (Ahrefs, Semrush ou DataForSEO) → table 301 écrite avant la bascule → test de chaque redirection après → sitemap soumis en dernier.
Le jour du go-live : ce qui a cassé
Tout s'est passé le 23 juillet. Le DNS a basculé en 4 minutes, le certificat HTTPS est arrivé, les 66 redirections ont répondu correctement. Puis les vrais tests ont commencé.
Le formulaire muet. J'avais envoyé 3 tests sur le formulaire de sponsoring. Aucune notification. Question à Claude : « Pourquoi je n'ai rien reçu ? » Réponse après enquête : Netlify désactive la détection des formulaires par défaut sur les nouveaux sites. Le HTML était parfait, rien n'était enregistré. Un réglage via l'API, un redéploiement, affaire réglée.

Les formulaires de la home. Deux champs d'inscription newsletter qui fonctionnaient en local renvoyaient « Bad request » en production. Un attribut oublié, réglé en 10 minutes.
Le mobile. Sur iPhone, les boutons des formulaires débordaient de leur carte. Capture d'écran envoyée à Claude, correctif CSS, redéployé.
PageSpeed à 60. Le score mobile oscillait entre 60 et 84 d'un test à l'autre. Coupable : l'animation de particules du hero, jolie, mais qui consommait 7 secondes de processeur sur un téléphone lent. Correctif : cadence divisée par deux, animation coupée sur mobile. Score final : 85 sur mobile, 100 sur desktop.
Ce que j'en retiens dépasse le cas de mon site. L'IA teste beaucoup de choses toute seule, mes formulaires compris, mais elle ne voit pas ce qui se passe en dehors du code. Que la soumission arrive vraiment dans ma boîte, que l'hébergeur l'enregistre, c'est ma question de non-technicien qui l'a trouvé. Tu ne deviens pas développeur en refaisant ton site avec l'IA, tu deviens le chef de projet le plus exigeant de l'équipe, et c'est précisément ce qui fait la différence.
À ton tour → la recette post-go-live : soumets chaque formulaire pour de vrai et vérifie la réception → ouvre chaque page sur ton téléphone → lance PageSpeed Insights → à J+7, regarde les 404 dans Search Console.
Un mois après : un site qui évolue en une session
Ce qui m'a le plus surpris, c'est ce que je peux faire maintenant. Le site n'est plus une chose figée qu'on refait tous les 5 ans. Il bouge chaque semaine, sans friction.
En un mois : un menu burger sur mobile, un bouton newsletter dans le header, le remplacement d'un lien de prise de rendez-vous sur 31 occurrences en une passe, un fichier llms.txt et une page dédiée aux IA pour être correctement lus par ChatGPT et consorts.
Et il y a quelques jours, le meilleur exemple. Ma formation « l'IA pour les équipes commerciales » se vend en intra, une journée dans l'entreprise, à partir de 3 500 € HT. Toutes les équipes n'ont ni ce budget ni ce format. J'en ai donc tiré une déclinaison en libre-service, sur étagère : Selling with AI · Le Système, une formation en ligne en 8 modules, à suivre seul, à 390 € HT pendant le lancement. Même méthode, même contenu, sans ma présence.

Côté site, ça veut dire une landing complète : page de vente, page de remerciement, CGV, branchement du paiement et de la séquence email. Une session de travail, zéro impact sur le reste du site, même charte, même ton. Dans mon agence, ce lot aurait été un projet à part entière avec un bon de commande. Et c'est là que le journal de décisions prend tout son sens : l'IA savait déjà que la formation reste hors catalogue, que le prix s'affiche, que le bouton doré plein est réservé à la vente.
Même logique pour le Sonar LinkedIn, un tableau de bord d'analyse de tes publications LinkedIn construit dans la foulée, sur un projet séparé, avec les mêmes outils.

Si tu vends en B2B, Selling with AI est la mise en pratique de tout ce que je viens de décrire, avec l'IA comme équipe.
Rendre ton site lisible par les IA
J'ai glissé plus haut un fichier llms.txt et une page dédiée aux IA. Ça mérite mieux qu'une mention en passant, parce que presque personne ne le fait.
Le principe est simple. Quand quelqu'un demande à ChatGPT ou à Perplexity de lui recommander un prestataire, l'assistant lit des sites et en tire ce qu'il peut. Plutôt que de le laisser deviner ton activité en parcourant ton menu, tu lui écris noir sur blanc ce qu'il doit retenir.
Concrètement, deux choses. Un fichier llms.txt à la racine du site, en texte simple, qui résume qui tu es, ce que tu vends, à quel prix et pour qui, avec les liens vers tes pages clés. Et une page « Et si vous êtes une IA » qui dit la même chose en format lisible par un humain qui tomberait dessus.
Vérifie aussi ton robots.txt. Certains hébergeurs et certains CMS bloquent les robots des IA par défaut, sans te le dire. Si tu veux être lu par elles, il faut les autoriser explicitement.
Je n'ai pas encore assez de recul pour chiffrer ce que ça rapporte, et je me méfie de ceux qui l'affirment déjà. Mais ça se fait en une demi-heure, ça ne coûte rien, et tes concurrents ne l'ont pas fait.
À ton tour → ouvre tonsite.com/robots.txt et vérifie que GPTBot, ClaudeBot et PerplexityBot ne sont pas bloqués. Puis écris ton llms.txt : 20 lignes suffisent.
Bilan : coûts, temps, et ce que je referais autrement
Le coût en outils : zéro euro. Netlify en plan gratuit. Mon ancien plan Dorik était à vie, rien à résilier. Mon abonnement Claude existait déjà et sert à tous mes projets et ceux de mes clients, la refonte n'a rien ajouté à la facture.
Le résultat mesurable : de 66 URLs à 11. C'est vérifiable en deux clics, mon sitemap est public. Le site ne dit plus qu'une chose, à une seule cible.
Le coût en temps : 5 jours. 3 jours pour les offres, moins de 2 pour le site, plus quelques heures de retouches étalées sur le mois. Pour comparaison, la dernière refonte de site que j'ai pilotée en agence a duré plus de 6 mois.
Ce que je referais autrement : rien. Je m'attendais à écrire ici une liste de regrets. Il n'y en a pas. Le processus a été agile, facile, et honnêtement amusant : on décide, on voit le résultat dans la minute, on ajuste. Je n'avais pas pris autant de plaisir sur mon propre site depuis des années.
La question que je ne sais pas encore trancher : la maintenabilité à long terme. Mon site, ce sont aujourd'hui 17 fichiers HTML. Quand je change le footer, l'IA modifie les 17. Ça marche parce qu'elle le fait en une passe. Mais je ne sais pas si ça tiendra à 50 pages, ni ce que ça donnera dans 2 ans quand les modèles auront changé.
Si le site doit grossir, la réponse existe et elle est connue : un générateur de site statique comme Astro, qui permet de définir le header et le footer une seule fois, d'écrire les pages en Markdown et de générer le site d'un coup. L'IA le maîtrise très bien, et le blog resterait sur Ghost dans tous les cas. Je n'en ai pas besoin aujourd'hui. Le jour où j'en aurai besoin, je saurai quoi faire.
La méthode en 8 étapes
- Inventorie ton site réel : sitemap, trafic et backlinks par URL.
- Clarifie ton offre avant toute construction : 3 offres maximum, prix affichés, une cible.
- Tiens un journal de décisions que ton IA relit à chaque session.
- Choisis ta stack avec l'arbre de décision : statique si peu de pages, CMS sinon, blog à part.
- Valide le design sur maquettes, puis consigne-le dans un design system.
- Écris ta table de 301 à partir des données, avant la bascule.
- Séquence le go-live : adresse temporaire, domaine, DNS, tests, sitemap en dernier.
- Fais la recette en vrai : formulaires, mobile, PageSpeed, 404 à J+7.
Commence par l'étape 1 cette semaine. Si le compte de tes URLs te surprend autant que moi, tu sauras que le chantier en vaut la peine.
Ces 8 étapes sont le résumé. Le détail opérationnel, les 2 prompts de cadrage en entier et les deux checklists à cocher, avant publication et après, sont dans le guide.
👉 Télécharger le guide et les 2 prompts
Le foutoir ne se range pas tout seul. Mais tu n'as plus besoin d'une équipe de 5 pour le faire.
FAQ
Peut-on refondre un site web avec l'IA sans savoir coder ? Oui, à condition de tenir le rôle de chef de projet : décrire ce que tu veux, vérifier le résultat, poser les questions de bon sens (« pourquoi je n'ai pas reçu le formulaire ? »). Tu n'écris pas le code, mais tu dois savoir lire une page et tester. Le prérequis réel, c'est une offre claire, pas une compétence technique.
Faut-il quitter WordPress pour refondre son site ? Pas forcément. WordPress reste pertinent si tu as besoin d'un espace d'administration, d'une boutique ou d'une équipe qui édite au quotidien. Pour un site vitrine de 10 à 20 pages qui change rarement, un site statique généré avec l'IA est plus rapide, plus sûr et gratuit à héberger.
Combien coûte une refonte de site web avec l'IA ? En outils, quasiment rien : un abonnement à un assistant IA (de 20 à 100 € par mois selon l'usage) et un hébergement gratuit ou à quelques euros. Le vrai coût est ton temps, 5 jours dans mon cas, et il se concentre sur la clarification de l'offre, pas sur la technique.
Combien de temps prend une refonte de site avec l'IA ? Moins de 2 jours pour construire et mettre en ligne une dizaine de pages, une fois les contenus et l'offre tranchés. Compte plutôt une semaine au total si tu intègres le travail sur les offres et la préparation SEO, contre plusieurs mois pour une refonte classique en agence.
Comment ne pas perdre son SEO lors d'une refonte ? Inventorie toutes tes URLs, mesure le trafic et les backlinks de chacune, écris une table de redirections 301 avant la bascule, et teste chaque redirection après. Soumets le nouveau sitemap à Search Console en dernier, puis surveille les 404 pendant 30 jours.
Site statique ou CMS : comment choisir ? Moins de 15 pages qui changent rarement, sans espace membre ni boutique : statique. Un blog actif : garde un CMS de blog (Ghost, WordPress) sur un sous-domaine. Une boutique, des comptes utilisateurs ou une équipe éditoriale : CMS complet.
Peut-on créer une simple landing page avec l'IA, sans refaire tout son site ? Oui, et c'est même le cas le plus facile. Une page de vente, sa page de remerciement et ses conditions générales se construisent en une session de travail, sans toucher au reste du site. C'est ce que j'ai fait pour ma formation en ligne. Le travail long reste le positionnement de l'offre, pas la page.
Quel modèle d'IA choisir pour refaire son site ? J'ai utilisé Claude Fable 5 en effort élevé. Sur ce type de chantier, privilégie un modèle capable de raisonner longuement plutôt qu'un modèle rapide : le premier jet est plus proche de la cible et tu évites des dizaines d'allers-retours. Le modèle compte moins que le contexte que tu lui donnes, à savoir tes instructions, ton design system et ton journal de décisions.
Faut-il un design system pour un site de 5 pages ? Oui, et c'est justement là qu'il coûte le moins cher à écrire. Un seul fichier avec tes couleurs, tes polices, tes espacements et tes règles de boutons suffit. Sans lui, chaque nouvelle page dérive un peu, et au bout de 5 pages ton site ne ressemble plus à rien.
Un site construit avec l'IA est-il maintenable dans le temps ? Pour une vingtaine de pages, oui : chaque modification passe par une session avec l'IA, qui relit le journal de décisions et le design system. Au-delà de 50 pages, un générateur de site statique comme Astro devient nécessaire pour éviter de dupliquer le header et le footer dans chaque fichier.
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